Une femme se repose, détendue, dans son lit, dans une chambre à coucher à la décoration claire et naturelle.
Une femme se repose, détendue, dans son lit, dans une chambre à coucher à la décoration claire et naturelle.

Troubles du sommeil pendant la ménopause

Un bon sommeil n'est pas un luxe – ou, en tout cas, ne devrait pas l'être. Il constitue au contraire un pilier essentiel de l'équilibre physique et psychique. Or, c’est justement pendant la ménopause que cet équilibre est mis à mal chez de nombreuses femmes : cela concerne notamment la stabilité de leur horloge interne – ce qu’on appelle le système circadien, étroitement lié à nos hormones. Au cours de cette phase de la vie, son rythme finement réglé se décale souvent et l’équilibre interne se dérègle : tout à coup, on a plus de mal à s’endormir, on parvient moins souvent à dormir d’une traite et même après huit heures de sommeil, on ne se sent pas vraiment reposée. Quelles en sont exactement les causes et comment y remédier ?

Une femme est allongée, détendue, dans son lit, dans une chambre à coucher à l'ambiance calme et sombre.

Pourquoi les changements hormonaux influencent-ils le sommeil ?

La ménopause est une période marquée par de profonds bouleversements, tant sur le plan physique que psychique. La baisse des taux hormonaux a des répercussions sur de nombreux processus dans l'organisme, dont l'un concerne directement notre sommeil. C’est notamment l’œstrogène, une hormone qui participe à la régulation de la température corporelle, de l’humeur et de la production de la « mélatonine », l’hormone du sommeil, qui diminue considérablement au cours de cette phase de la vie, ce qui déséquilibre le rythme naturel veille-sommeil : Normalement, la concentration en mélatonine augmente le soir pour préparer le corps au repos ; si la sécrétion diminue, la fatigue ne se manifeste pas, même si l’on est épuisé.


Des études montrent que les femmes en périménopause et en ménopause souffrent plus fréquemment d’un schéma de sommeil dit « fragmenté » – c’est-à-dire de nombreuses phases de sommeil courtes et superficielles au lieu de cycles de sommeil profond plus longs – en raison de ce phénomène, mais aussi des bouffées de chaleur nocturnes et d’un taux accru d’hormones de stress. Il leur faut donc souvent plus de temps pour s’endormir, les phases de sommeil profond sont plus courtes et de nombreuses femmes se réveillent à plusieurs reprises aux petites heures du matin.

De plus, la progestérone, souvent qualifiée d’« hormone de la détente », diminue également pendant la ménopause. À un âge plus jeune, elle agit comme un sédatif naturel, car elle stimule dans le cerveau la libération du neurotransmetteur GABA, qui favorise la détente ; lorsque le taux de progestérone baisse, il devient plus difficile de se détendre intérieurement. Résultat : le corps reste plus longtemps dans un état d’éveil et réagit globalement de manière plus sensible au stress, ce qui entraîne à son tour une augmentation du taux de cortisol – c’est-à-dire précisément l’hormone qui nous réveille le matin. L’interaction de tous ces facteurs fait que la régénération nocturne est moins profonde et que l’organisme réagit de manière plus sensible aux stimuli internes et externes – tels que le bruit, le tourbillon des pensées ou les variations de température. Conséquence : des nuits durant lesquelles le corps ne parvient pas à trouver le repos, alors qu’il en aurait pourtant grandement besoin.

Symptômes associés typiques

Les troubles du sommeil pendant la ménopause se manifestent de manière très variable d’une femme à l’autre. Ils s’accompagnent souvent d’autres symptômes qui, à leur tour, peuvent également perturber le sommeil de façon indirecte :

En raison des fluctuations hormonales, le système nerveux autonome devient plus sensible : de légers stimuli peuvent entraîner une accélération sensible du rythme cardiaque.

La baisse du taux d'œstrogènes influe sur la tension musculaire et peut entraîner des jambes sans repos ou de légères contractions musculaires.

Une conséquence de la baisse du taux d'œstrogènes, qui rend les muqueuses de la vessie et de l'urètre plus fines et plus sensibles.

Les fluctuations hormonales peuvent modifier la circulation sanguine dans le cerveau : de nombreuses femmes font état de maux de tête qui se manifestent surtout la nuit ou le matin.

Un sommeil agité a des répercussions sur la concentration, l'humeur et le niveau d'énergie – un signe classique du cercle vicieux de l'épuisement lié à la ménopause.

Alternance de bouffées de chaleur et de frissons :

Une femme est confortablement installée dans son lit, en train de boire un verre, dans une chambre lumineuse et chaleureuse.

Le corps en déséquilibre thermique

Un facteur moins connu, mais déterminant, des troubles du sommeil liés à la ménopause est la modification de la régulation thermique : en raison de la baisse du taux d’œstrogènes, la « zone thermoneutre » – c’est-à-dire cette fourchette étroite dans laquelle le corps se sent à l’aise, sans transpirer ni avoir froid – se rétrécit. De légères variations de température suffisent à déclencher des bouffées de chaleur ou des frissons nocturnes. Ces réactions activent le système nerveux autonome ; le pouls s'accélère et l'endormissement est rendu difficile, voire complètement interrompu.


C’est surtout la nuit que l’on constate à quel point cet équilibre est fragile : le corps devrait en effet se refroidir légèrement pour entrer dans la phase de sommeil profond, mais lorsqu’on oscille constamment entre des sensations de chaleur et de froid, on reste dans une sorte de « demi-sommeil ». Des études montrent que c’est précisément ce dérèglement de la régulation thermique qui contribue de manière significative à l’insomnie dont souffrent de nombreuses femmes en péri- et post-ménopause.


La bonne nouvelle : c’est précisément là que réside une approche naturelle. En effet, les stimuli thermiques ne sont pas seulement perturbateurs : ils peuvent aussi aider à rétablir l’équilibre du corps :

Les stimuli thermiques comme moyen de régulation naturel

La chaleur et le froid peuvent également contribuer efficacement à un meilleur sommeil. Ainsi, des soins aquatiques ciblés peuvent apaiser le système nerveux végétatif et entraîner en douceur la régulation de la température : Un bain de pieds chaud le soir favorise la circulation sanguine tout en réduisant le niveau de tension intérieure, tandis qu’un jet d’eau froide sur les genoux le matin stabilise la circulation et aide à bien démarrer la journée. Grâce à ces stimuli ciblés, le corps réapprend à réagir avec plus de souplesse aux variations de température, ce qui a, à long terme, un effet positif sur la qualité du sommeil et le bien-être. D’ailleurs, Sebastian Kneipp savait déjà que le froid et la chaleur sont bien plus que de simples sensations externes : ce sont des signaux adressés à l’ensemble du corps.

Une femme fait le lit dans une chambre lumineuse et confortable, agrémentée de plantes.

Ménopause : 5 conseils pour lutter contre les nuits blanches

Voici quelques facteurs susceptibles d'améliorer le sommeil :

1. Mettre en place des routines : essaie de te coucher et de te lever à des heures fixes, même le week-end. Cela stabilise ton rythme naturel veille-sommeil.

2. Un environnement frais et calme : une température ambiante comprise entre 16 et 18 °C permet de lutter contre les bouffées de chaleur et favorise les phases de sommeil profond.

3. Des rituels apaisants en fin de journée : un bain chaud, un exercice de respiration ou de la musique relaxante aident à apaiser le système nerveux.

4. De l’activité physique sans pression : les promenades, le yoga ou la natation pendant la journée favorisent la qualité du sommeil – mais attention : un entraînement intense juste avant de se coucher peut empêcher de s’endormir.

5. Éviter la caféine et l’alcool : ces deux substances perturbent l’équilibre hormonal et peuvent aggraver les difficultés d’endormissement.

Le soutien de la nature

Les principes actifs végétaux tels que la lavande, la mélisse, le houblon ou la valériane peuvent également être de précieux alliés pendant la ménopause. Leurs propriétés apaisantes favorisent en douceur l’endormissement et un sommeil réparateur, et aident à mettre un terme au tourbillon des pensées. Associés à des rituels de relaxation ciblés – comme un bain de pieds le soir ou un bain chaud aux herbes –, ils permettent de relancer plus facilement le processus naturel du sommeil.

Quand l'insomnie devient un fardeau

Il arrive à tout le monde de passer des nuits agitées, mais lorsque les troubles du sommeil persistent pendant des semaines ou nuisent considérablement à la qualité de vie, il est judicieux de consulter un médecin. En effet, l'insomnie peut parfois cacher bien plus qu'un simple changement hormonal : une hypothyroïdie, une carence en fer ou un stress chronique, par exemple. Un examen médical permet non seulement de lever les doutes, mais aussi d’ouvrir la voie à un traitement ciblé des symptômes.

Sources

Salari, N., Khazaie, H., Rasoulpoor, S., Shohaimi, S., Jaff, D., Arshad, M., ... & Khaledi-Paveh, B. (2023). Prévalence mondiale des troubles du sommeil pendant la ménopause : une méta-analyse. Sleep and Breathing, 27(5), 1883–1897.

https://www.dgsm.de/fileadmin/patienteninformationen/ratgeber_schlafstoerungen/01_DGSM-Der-Schlaf-von-Frauen_barrierefrei.pdf

https://wechseljahre-verstehen.de/beschwerden/schlafstoerungen/

https://herzstiftung.de/service-und-aktuelles/presse/pressemitteilungen/wechseljahre-risiken-frauen

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